{"id":33,"date":"2020-03-25T17:36:43","date_gmt":"2020-03-25T16:36:43","guid":{"rendered":"http:\/\/www.masologne.org\/WP\/?p=33"},"modified":"2020-03-25T17:36:43","modified_gmt":"2020-03-25T16:36:43","slug":"chapeliers","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.masologne.org\/WP\/chapeliers\/","title":{"rendered":"Chapeliers"},"content":{"rendered":"\n<p><strong> Saints patrons\u00a0: Saint Jacques et Saint Philippe<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>(<em>D\u2019apr\u00e8s un article paru en 1867<\/em>)<\/p>\n\n\n\n<p>Le m\u00e9tier de chapelier se divisait au moyen \u00e2ge en plusieurs branches. Il y avait les chapeliers \u00ab&nbsp;de fleurs&nbsp;\u00bb, les chapeliers \u00ab&nbsp;de coton&nbsp;\u00bb, les chapeliers \u00ab&nbsp;de paon&nbsp;\u00bb, les \u00ab&nbsp;faiseuses de chapeaux d\u2019orfrois&nbsp;\u00bb, et enfin les chapeliers \u00ab&nbsp;de feutre&nbsp;\u00bb, qui finirent par se substituer \u00e0 tous les autres chapeliers.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le haut moyen \u00e2ge, le terme chapeau s\u2019entendait aussi bien d\u2019une couronne de m\u00e9tal ou de fleurs que du v\u00e9ritable couvre-chef, et l\u2019usage du chapeau-couronne semble remonter fort loin&nbsp;: quelques auteurs en ont attribu\u00e9 l\u2019invention aux gaulois. Sans rien affirmer \u00e0 cet \u00e9gard, disons seulement que la mode en persista tr\u00e8s longtemps au moyen \u00e2ge&nbsp;: comme on portait les cheveux tr\u00e8s longs, il fallait les retenir et les emp\u00eacher de tomber sur les yeux. A chaque page de la litt\u00e9rature du moyen \u00e2ge nous rencontrons le \u00ab&nbsp;chapel de fleurs&nbsp;\u00bb&nbsp;; les dames des romans et des chansons de gestes passent leur temps \u00e0 en tresser&#8230;<\/p>\n\n\n\n<p>Je n\u2019ay cure de nul esmay,<br>Je veuil cueillir la rose en may<br>Et porter chappeaux de flourettes.<br><\/p>\n\n\n\n<p>Les Chapeaux de fleurs furent plus tard remplac\u00e9s dans la classe riche par des cercles d\u2019orf\u00e8vrerie orn\u00e9s de perles pr\u00e9cieuses. Toutefois le \u00ab&nbsp;chapel de fleurs&nbsp;\u00bb resta \u00e0 titre de redevance f\u00e9odale, et fut consid\u00e9r\u00e9 comme une marque d\u2019honneur et de respect.<\/p>\n\n\n\n<p>Les chapeaux de paon et d\u2019orfrois ne furent port\u00e9s que par les femmes. Sans doute les plumes de paon \u00e9taient alors plus co\u00fbteuses qu\u2019elles ne le sont aujourd\u2019hui, bien que le noble oiseau figur\u00e2t souvent sur la table des grands seigneurs. Quoi qu\u2019il en soit, c\u2019\u00e9tait un ornement r\u00e9serv\u00e9 aux grandes dames, qui s\u2019en servaient pour d\u00e9corer les coiffures compliqu\u00e9es dont elles s\u2019affubl\u00e8rent au quatorzi\u00e8me si\u00e8cle et surtout au quinzi\u00e8me si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux chapeliers de coton, il ne vendaient pas \u00e0 vrai dire de chapeaux, mais des bonnets et des gants de laine.<\/p>\n\n\n\n<p>Les premiers statuts des chapeliers de feutre et ceux d\u2019une corporation qui n\u2019\u00e9tait pour ainsi dire qu\u2019une d\u00e9pendance de leur m\u00e9tier, celle des fourreurs de chapeaux, datent \u00e0 Paris d\u2019Etienne Boileau, c\u2019est-\u00e0-dire de la fin du r\u00e8gne de Saint-Louis&nbsp;; ils furent plusieurs fois modifi\u00e9s ou confirm\u00e9s, notamment en 1324, 1325, 1367 et 1381.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les plus anciens statuts, le ma\u00eetre chapelier ne pouvait avoir qu\u2019un seul apprenti. L\u2019apprentissage durait sept ans pour ceux qui n\u2019\u00e9taient ni fils ni parents de ma\u00eetre&nbsp;; il \u00e9tait gratuit, si le ma\u00eetre y consentait&nbsp;; mais dans tous les cas il fallait verser dix sous \u00e0 la caisse de la confr\u00e9rie.<\/p>\n\n\n\n<p>Deux prud\u2019hommes nomm\u00e9s par le pr\u00e9v\u00f4t de Paris \u00e9taient charg\u00e9s de veiller \u00e0 l\u2019ex\u00e9cution des r\u00e8glements, qui, du reste, n\u2019\u00e9taient ni tr\u00e8s nombreux, ni tr\u00e8s compliqu\u00e9s. D\u00e9fense de faire entrer dans la confection du feutre autre chose que du poil d\u2019agneau&nbsp;; d\u00e9fense de vendre de vieux chapeaux reteints, d\u2019ouvrir boutique le dimanche, et de travailler avant le jour&nbsp;: telles \u00e9taient les principales dispositions des statuts.<\/p>\n\n\n\n<p>Ceux des fourreurs de chapeaux \u00e9taient \u00e0 peu pr\u00e8s semblables. Cependant chaque ma\u00eetre pouvait avoir deux apprentis qui, au bout de cinq ann\u00e9es, devenaient compagnons&nbsp;; se qui s\u2019explique facilement, si l\u2019on songe que leur m\u00e9tier \u00e9tait beaucoup moins compliqu\u00e9 que celui des v\u00e9ritables chapeliers&nbsp;: ils n\u2019avaient qu\u2019\u00e0 garnir les chapeaux qu\u2019on leur apportait tout pr\u00e9par\u00e9s. Ce qu\u2019on leur recommande plus particuli\u00e8rement dans les statuts , c\u2019est que la fourrure des chapeaux soit aussi bonne en dedans qu\u2019en dehors&nbsp;: \u00ab&nbsp;Ou tout viez ou tout nuef&nbsp;\u00bb, ajoute la r\u00e9daction de 1325. Toutes les marchandises fabriqu\u00e9es contrairement aux r\u00e8glements devaient \u00eatre br\u00fbl\u00e9es.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans certaines villes, \u00e0 Rouen, par exemple, les chapeliers r\u00e9unissaient plusieurs industries&nbsp;: ils s\u2019appelaient chapeliers-aumussiers-bonnetiers. Ils avaient fond\u00e9 la confr\u00e9rie de Saint-Sever dans l\u2019\u00e9glise Notre-Dame de Rouen, comme ceux de Paris fond\u00e8rent celle de Saint-Jacques et de Saint-Philippe dans l\u2019\u00e9glise des Jacobins de la rue Saint-Jacques&nbsp;; mais, par une singuli\u00e8re disposition, tous les chapeliers n\u2019\u00e9taient point forc\u00e9s d\u2019entrer dans la confr\u00e9rie. Autre singularit\u00e9&nbsp;: les apprentis ne passaient leur contrat d\u2019apprentissage qu\u2019apr\u00e8s quinze jours d\u2019essai, pendant lesquels ils jugeaient si le m\u00e9tier leur agr\u00e9ait&nbsp;; le ma\u00eetre profitait aussi de ce d\u00e9lai pour appr\u00e9cier si son nouvel apprenti pouvait lui convenir et s\u2019il devait le conserver.<\/p>\n\n\n\n<p>On a vu qu\u2019il \u00e9tait d\u00e9fendu aux chapeliers de faire du feutre avec autre chose que du poil d\u2019agneau. Plus tard, les choses chang\u00e8rent beaucoup. D\u00e8s le quatorzi\u00e8me si\u00e8cle on se servait de castor et quelquefois de laine. Avec le temps on usa de poil de lapin, et m\u00eame, au dix-huiti\u00e8me si\u00e8cle, de poil de chameau&nbsp;; le poil de li\u00e8vre demeura seul proscrit comme impropre \u00e0 la fabrication d\u2019un feutre convenable&nbsp;; mais on l\u2019employa quand m\u00eame, gr\u00e2ce au proc\u00e9d\u00e9 de la \u00ab&nbsp;dorure&nbsp;\u00bb, qui consistait \u00e0 y ajouter une petite quantit\u00e9 de poil de castor qui donnait aux chapeaux une bonne apparence, des plus trompeuses, du reste.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces modifications dans la fabrication se produisirent \u00e0 mesure que l\u2019usage des chapeaux se r\u00e9pandit. Encore rares au onzi\u00e8me si\u00e8cle (ce ne sont gu\u00e8re que des esp\u00e8ce de calottes), ils deviennent tr\u00e8s fr\u00e9quents au douzi\u00e8me si\u00e8cle et au treizi\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;: \u00e0 cette \u00e9poque m\u00eame, des chapeaux, presque toujours pointus et de couleur jaune, deviennent parfois le signe distinctif impos\u00e9 aux juifs. Mais ce n\u2019est qu\u2019au quatorzi\u00e8me si\u00e8cle, o\u00f9 le chaperon est \u00e0 peu pr\u00e8s compl\u00e8tement abandonn\u00e9, que l\u2019usage du chapeau devient g\u00e9n\u00e9ral. Enum\u00e9rer tous les couvre-chef qui ont \u00e9t\u00e9 de mise depuis cette \u00e9poque serait fort long&nbsp;: chapeaux ronds et bas de forme, pointus, \u00e0 larges bords, \u00e0 trois cornes, se sont succ\u00e9d\u00e9 sans que la mode se soit fix\u00e9e d\u00e9finitivement.<\/p>\n\n\n\n<p>Certaines particularit\u00e9s sont \u00e0 rappeler au sujet de la r\u00e9ception du compagnon. Les ma\u00eetres et les compagnons formaient une sorte de soci\u00e9t\u00e9 dont ils s\u2019engageaient par serment \u00e0 ne jamais d\u00e9voiler les secrets&nbsp;; en y entrant ils recevaient le titre de \u00ab&nbsp;compagnons du devoir.&nbsp;\u00bb Le tout \u00e9tait accompagn\u00e9 de c\u00e9r\u00e9monies bizarres, sorte de parodie de la messe, d\u2019une messe noire ou d\u2019une messe du diable, comme on disait alors. Cette singuli\u00e8re coutume dura jusqu\u2019en 1655&nbsp;; \u00e0 cette \u00e9poque la Sorbonne s\u2019\u00e9mut, et toutes les diableries des chapeliers, d\u00e9voil\u00e9es sans doute par un faux compagnon, durent cesser \u00e0 peine de punition exemplaire.<\/p>\n\n\n\n<p>Nos anc\u00eatres chapeliers<\/p>\n\n\n\n<p>PLANTIN Ren\u00e9 (1620-1676), ma\u00eetre chapelier \u00e0 Contres<br>fils du pr\u00e9c\u00e9dent, PLANTIN Ren\u00e9 (1653-1732), chapelier<br>fils du pr\u00e9c\u00e9dent, PLANTIN Thomas (1674-1738), ma\u00eetre chapelier \u00e0 Bracieux, puis Blois<br>MATHIEU Jean (1625-1677), ma\u00eetre chapelier \u00e0 Blois<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-image\"><figure class=\"aligncenter is-resized\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" src=\"http:\/\/www.masologne.org\/WP\/wp-content\/uploads\/2020\/03\/chapelier_chapeau.gif\" alt=\"\" class=\"wp-image-35\" width=\"482\" height=\"103\"\/><\/figure><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Saints patrons\u00a0: Saint Jacques et Saint Philippe (D\u2019apr\u00e8s un article paru en 1867) Le m\u00e9tier de chapelier se divisait au moyen \u00e2ge en plusieurs branches. 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