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"Le partage de Cormeray"




Cormeray a toujours été un hameau de la commune de Chitenay. Au tout début du XIXème siècle, prenant prétexte que les 3,5 km de mauvais chemins vicinaux reliant Cormeray à Chitenay sont impraticables en hiver, les habitants se sont cotisés pour faire construire une chapelle.

En 1820, les pas-encore Cormeraisiens demandent que cette chapelle soit érigée en succursale de la paroisse de Chitenay, puis encouragés par leur succès adressent au préfet une pétition demandant que le hameau devienne commune, avec, à l’Ouest, une partie des terres de Chitenay et à l’Est une partie des terres de Cheverny !

Le Conseil Municipal de Cheverny s’y refuse avec la dernière énergie le 8 août 1852, car ce projet "a pour principal moteur non l’intérêt général, mais l’égoïsme et l’intérêt particulier de 4 ou 5 riches propriétaires du village de Cormeray ou confinant", qui ont fait signer "leurs jardiniers, vignerons, fermiers, tenanciers et leurs femmes et leurs enfants, et ainsi tous sous leur dépendance exclusive".

Cheverny s’oppose vigoureusement au projet ...

Venu enquêter sur place à la demande du préfet, le juge de paix de Contres constate le 4 juillet 1852, que l’immense majorité de la population de Cheverny est vivement irritée contre le projet. Cette irritation lui apparaît comme un sentiment « réel, profond et unanime parmi toutes les classes, qu’il n’était pas fondé seulement sur la crainte d’avoir à supporter de nouvelles charges, mais sur l’affection qui relie les habitants de Cheverny entre eux » sans tenir compte du fait qu’« on prend dans le territoire de cette commune composée de deux portions si différentes précisément la partie qui se trouve dans le vignoble qui est la plus riche et la plus peuplée » et qu’« on lui laisse ses brandes (landes) ses bois et ses étangs »

Depuis cette époque, à Cheverny, devant un partage en deux parts très inégales on ne dit plus "un cheval, une alouette" mais "c’est le partage de Cormeray" "tout pour un, ren pou l’autre".

Il n’est pas impossible, qu’on ait fait là référence à un ancien dicton qui avait le même sens et presque homophone "le partage de Cormery".

Il y avait en Touraine une célèbre abbaye de ce nom, fondée par Alcuyn, la vingt-deuxième année du règne de Charlemagne, qui la dota de la plus grande partie des biens des moines de Saint-Martin de Tours, dont les moines avaient été massacrés dans une émeute par les bourgeois de la ville. Plusieurs couvents qui comptaient avoir la plus grande part de la succession, et n’en n’avaient rien retiré, ou presque rien, furent très désappointés et se plaignirent de l’inégalité du partage, ce qui donna lieu, dit-on à l’expression proverbiale. Le fait sur le quel repose cette explication peut être controversé. Il est plus que probable que l’expression est venue de ce que Cormery autrefois signifiait « cœur marri » ; car, dans un partage fait de cœur marri, c’est-à-dire à contre-cœur, on cherche à donner le moins qu’on peut.

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